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se canto-Rosine de Pèire
l'immortèla-Nadau

 

à voir

bibliographie

  • le tistalh

 R.Garreta-B.Morisson
 éd du pin à crochet
   64000 Pau

 

  • l'art de la vannerie:

technique et tradition du panier périgourdin

(bouyricou)

Eva Seidenfaden

Actes sud

     

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1°) Présentation

Le noisetier ou coudrier, utilisé dans le tistalh, est abondant dans les Pyrénées, mais ce qui est difficile c'est de trouver les bonnes tiges qui conviennent à la vannerie. En effet, le choix de la matière première est trés important. Cela conditionne le travail du vannier. J'ai galèré au début en ne prêtant pas assez attention à ce choix. Un mauvais choix complique la fabrication des lanières (éclisses ou clisses) qui serviront au tissage. En effet un rejet qui a poussé trop vite ou qui est trop jeune (couleur marron clair) sera cassant ou aura trop de bois au levage des éclisses. Et si on arrive à en faire, elles ne seront pas trés souples, compliquant ainsi le tissage. Les noeuds s'ils sont trop gros, fragilisent la lanière et la rendent aussi moins estéthique. Un rejet qui a poussé lentement, sera de couleur gris-clair, marron-foncé, ou gris-jaune et sera souple, donnant des éclisses de bonne qualité. Généralement ces pousses se touvent dans des bois assez denses, où la lumière ne rentre pas beaucoup.
J'essaie de choisir donc des  rejets  bien droits, avec un diamètre entre 2 cm et 2,5 cm, avec le moins de ramifications possibles, pour limiter les noeuds, et de couleur grise et brillante pour faire les lanières ou éclisses; pour les anses torsadées, je prends des pousses de 5 à 12 mm.
La période "idéale" de coupe se fait quand la sève ne circule plus, de novembre à février. Les vanniers que j'ai rencontré, en Bigorre et en Béarn, coupent toute l'année; et donc moi aussi. Ils coupent normalement en lune vieille; en effet dans cette période la lune est décroissante et la sève est au ralenti. Les tiges coupées à ce moment seront plus souples. A vrai dire je ne trouve pas de différence entre vieille lune ou pas.
A partir du printemps et en été le noisetier est en pleine végétation, les tiges se pèlent facilement car l'écorce mouillée par la sève ne tient pas.
En résumé je reprendrais la phrase de René D "le panier se fait au bois".
Ce qui signifie que choix des tiges de noisetier conditionne la suite.

 

 

2°) utilisation
En général je fais un fagot de tiges de noisetier pour avoir une réserve disponible. les tiges de noisetier peuvent être travaillées tant qu'elles gardent de la souplesse afin, d'en lever les éclisses ou de les courber pour la réalisation des côtes ou arceaux. Donc tant que les tiges sont "vertes" on peut les utiliser. La durée de conservation dépend du temps, des saisons, et des régions . L'hiver, en fin d'automne, au début du printemps, les tiges peuvent se garder plusieurs mois. En été, à la fin du printemps et en début d'automne, en fonction du temps, il faut surveiller que les tiges ne séchent pas trop vite. Un bon moyen pour les conserver est de les mettre dehors, à l'ombre, et au nord; quand le temps est très chaud, tremper les pieds dans un seau est indispensable pour leur conservation.
On me pose souvent la question: Est-ce que j'utilise les éclisses de suite? De manière générale je fais un stock d'éclisses ce qui me donne la possibilité de choisir l'éclisse qui convient le mieux pour le tissage du moment. En effet en fonction de la taille du panier, de la position de l'éclisse dans le tissage je mets l'éclisse dont les caractéristiques de largeur, longueur, aspect, souplesse, me paraissent les plus adaptées.
Les éclisses stockées peuvent se conserver pratiquement indéfiniment. Pour les utiliser il suffit de les tremper 4 ou 5 minutes dans l'eau( bassine, lavabo....)
Mais il m'arrive pour des cas particuliers d'en utiliser aussitôt levées. Leur souplesse dépend de la qualité du noisetier. Par temps chaud il faut les tisser assez vite afin d'éviter qu'elles ne sèchent et ne deviennent cassantes, surtout si la qualité du noisetier n'est pas excellente.
En général je ne fais pas les côtes d'avance, je les fais au moment. Certain, comme Jean, les font à l'avance, et dans ce cas là il faut les garder dans un endroit humide, pelouse mouillée, dehors sous un tas de feuille; ou dans l'eau.
Pour les anses torsadées je prends des tiges de noisetier moins grosses que celles utilisées pour lever les éclisses. Le diamètre dépend de la taille du panier donc du diamètre de l'anse. Cela va donc de tiges de 5 mm de diamètre pour un panier de 15 cm de longueur à 12 mm de diamètre pour un panier de 50 cm de longueur. Là aussi il faut réaliser l'anse tant que les tiges sont "vertes", avant donc qu'elles sèchent, comme pour les tiges utilisées pour les éclisses.
 

DSCN6576

une fleur de noisetier(femelle) et deux châtons(mâles)

 

vieux noisetiers avec leurs rejets( ou pousses).
 
gros plan sur un noisetier et ses rejets. 
 
DSCN2481-1un fagot de pousses de noisetiers qui vient d'être coupé.

DSCN2473gros plan sur les branches de noisetier pour apprécier les couleurs.
bernard - dans matière première